01/09/2026
Changer de paradigme : une solution d’avenir pour nos laboratoires
Ne subissons plus l’avenir. Construisons-le.
Depuis plus de 30 ans, notre profession de fabricants de prothèses dentaires est confrontée à une érosion continue de ses parts de marché, notamment face à la concurrence croissante des DMSM importés et distribués par des négociants.
Le constat est aujourd’hui sans appel : notre profession a perdu près de la moitié de ses entreprises. Et parmi celles qui demeurent, trop nombreuses sont celles qui connaissent des difficultés, parfois majeures.
Pendant toutes ces années, nous avons alerté les médias, interpellés les pouvoirs publics, sollicités les politiques. Nous avons dénoncé les conséquences des importations et demandé des mesures pour protéger notre savoir-faire, nos emplois et nos entreprises.
Mais force est de constater que nous n’avons pas réussi à enrayer, ni même réellement à ralentir, cette évolution.
Et si nous devions changer de regard ?
Et si, à force de regarder le problème sous le même angle, nous avions peut-être manqué une partie de la véritable révolution économique qui était en marche ?
Et si nous avions davantage cherché à comprendre cette transformation pour mieux l’anticiper et nous y adapter ?
Cette question n’est pas une remise en cause de notre profession.
Au contraire, elle doit nous pousser à retrouver ce qui a toujours fait notre force : notre capacité à entreprendre, à innover, à nous adapter et à relever les défis.
Le monde a changé, notre modèle économique doit changer avec lui.
Les exemples sont nombreux autour de nous.
Dans les années 1980, un four à micro-ondes coûtait plusieurs milliers de francs, soit quelque 3 000 euros d’aujourd’hui, pourtant c’est devenu un équipement courant que nous pouvons trouver pour 50 euros et il en va de même de tout l’électroménager, les téléphones, les téléviseurs, les ordinateurs, les vêtements ou encore certains produits alimentaires hier réservés repas de fêtes ou de grandes occasions et qui sont devenus aujourd’hui accessibles et largement démocratisés.
Comment cette transformation a-t-elle été rendue possible ?
Par la technologie, l’industrialisation, l’automatisation, l’organisation, la productivité, l’optimisation des processus et surtout par l’adaptation des modèles économiques.
Alors, finalement, pourquoi les DMSM échapperaient-ils à cette évolution ?
Nous avons gagné en productivité, en fiabilité… mais pas toujours repensé nos prix
Nos laboratoires ont profondément changé.
Nos technologies ont évolué.
Nos équipements sont devenus plus performants.
La CFAO, l’impression 3D, l’usinage numérique et les nouveaux matériaux ont bouleversé nos méthodes de fabrication.
Ces évolutions nous permettent de produire plus rapidement, plus précisément et avec une qualité toujours meilleure.
Pourtant, dans de nombreux cas, notre politique tarifaire a continué à évoluer selon les habitudes du passé : chaque année, nos tarifs ont augmenté sans que nous ayons nécessairement repensé en profondeur notre structure de coûts et notre modèle économique.
Or, le monde économique ne fonctionne plus comme hier.
Aujourd’hui, notre véritable enjeu n’est peut-être plus simplement de vendre plus cher.
Il est de produire intelligemment, de maîtriser nos coûts et de proposer le juste prix.
Reprendre le contrôle de nos entreprises
Nous devons également avoir le courage de regarder une autre réalité en face.
Nous sommes d’excellents professionnels de la prothèse dentaire. Mais nous n’avons pas toujours été suffisamment formés à la gestion et au pilotage d’une entreprise.
Combien d’entre nous connaissent réellement :
· Le coût exact de fabrication de chaque DMSM ?
· Le temps réellement nécessaire à chaque étape de production ?
· Le coût horaire réel de nos collaborateurs ?
· La rentabilité réelle de chaque produit ou de chaque client ?
· Notre marge réelle ?
· et, plus difficile encore, la valeur de notre propre travail et de notre temps de dirigeant ?Sans mesurer notre productivité, comment savoir où nous devons progresser ?
La compétitivité ne se décrète pas. Elle se construit.
Il n’y a pas de fatalité
Aujourd’hui, nous avons le choix.
Nous pouvons continuer à subir la concurrence, à réclamer des protections et à constater année après année la disparition de nos entreprises.
Ou nous pouvons décider de reprendre l’initiative.
Changer de paradigme, ce n’est pas renoncer à notre métier.
C’est au contraire donner à nos laboratoires les moyens de continuer à exister, à investir, à embaucher et à transmettre notre savoir-faire.
Nous devons repenser notre modèle économique.
Nous devons connaître précisément nos coûts.
Nous devons mesurer notre productivité.
Nous devons revoir nos méthodes de calcul.
Nous devons construire une politique tarifaire cohérente avec la réalité du marché.
Et surtout, nous devons redevenir compétitifs, attractifs et incontournables pour les chirurgiens-dentistes.
Certains l’ont déjà compris. Pourquoi pas nous tous ?
Certains laboratoires ont déjà engagé cette transformation.
Ils ont analysé leurs coûts, investis dans les nouvelles technologies, réorganisés leur production, repensée leurs tarifs et adapté leur offre aux nouvelles attentes des chirurgiens-dentistes.
Ils démontrent chaque jour que d’autres modèles sont possibles.
Alors, pourquoi pas vous ?
Pourquoi ne pas transformer nos contraintes en opportunités ?
Pourquoi ne pas faire de nos nouvelles technologies un véritable levier de compétitivité ?
Pourquoi ne pas passer d’une logique de défense à une logique de conquête ?
Notre profession possède encore des atouts considérables.
Nous avons notre savoir-faire.
Nous avons notre expérience.
Nous avons notre proximité avec les chirurgiens-dentistes.
Nous avons notre capacité d’innovation.
Nous avons nos entreprises.
Et surtout, nous avons notre volonté d’entreprendre.
Il est temps de nous en servir.
Changer de paradigme, c’est choisir notre avenir
Nous ne pouvons pas changer le monde économique.
Mais nous pouvons changer notre manière de l’affronter.
Nous ne pouvons pas empêcher toutes les importations.
Mais nous pouvons rendre nos laboratoires plus performants, plus compétitifs et plus attractifs.
Nous ne pouvons pas revenir au marché d’hier.
Mais nous pouvons construire le laboratoire de demain.
Avec de la méthode, des outils adaptés, une meilleure connaissance de nos coûts et des conseils appropriés, nous pouvons tous progresser et, collectivement, inverser la tendance.
Ne laissons pas les autres écrire l’avenir de notre profession à notre place.
Changeons de paradigme.
Reprenons l’initiative.
Modernisons nos entreprises. Défendons notre savoir-faire par notre compétitivité.
Et construisons ensemble l’avenir de nos laboratoires.
N’oublions jamais cette maxime qui nous ressemble tant :
« Impossible n’est pas français. »
Alors, faisons de cette conviction notre moteur.
L’avenir de nos laboratoires est entre nos mains.
Chaque semaine de septembre, nous vous donnerons une méthode pour auto-évaluer point par point votre laboratoire.
Pierre-Yves BESSE Président de l'APD [email protected]